Première station

Jésus est condamné à mort

℣. Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons 

℟. Parce que Vous avez sauvé le monde par votre sainte Croix.

Le Christ qui est le Créateur de la vie est amené d’un tribunal à l’autre. Son peuple, qu’Il a tellement aimé, L’insulte, Le maltraite, Le tourne en dérision et demande sa mort sur la croix. 

Jésus écoute en silence les accusations injustes. Que le triste spectacle de l’injustice humaine ne trouble pas nos âmes ; elle a aussi son rôle. C’est par elle que nous verrons s’élever le triomphe infaillible de Dieu. Jésus sait que l’Heure est arrivée, l’Heure de la grande miséricorde pour toute l’humanité. A cette foule aussi, Il apporte le salut. Avec chaque âme de cette foule, Il espère pouvoir vivre un jour une étreinte amoureuse. Il est condamné aux flagellations les plus cruelles. Il est couronné d’épines. Et enfin, Il est condamné à la mort ignominieuse de la Croix. Âme, vois quel prix coûte ton salut ! 

Notre Père...

Je vous salue Marie...

℣. Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.

℟. Sicut erat in principio, et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen 

Kyrie eleison, kyrie eleison 

℣. Que par la miséricorde de Dieu 

℟. les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen

Deuxième station

Jésus est chargé de sa Croix

Aimer Dieu dans le sucre, les enfants eux-mêmes sauraient le faire. Aimer Dieu dans l’amertume est la marque de notre fidélité aimante. Seule la souffrance permet de dire en toute vérité : « Mon Dieu, vous voyez bien que je Vous aime ». Gardons-nous de séparer l’amour de la Croix de l’amour que nous portons à Jésus : sans Jésus, la croix deviendrait un fardeau que notre faiblesse ne saurait supporter. Oh ! Comme ce que nous souffrons loin de la Croix est insupportable. Mais comme cela devient suave si nous en sommes tout proches. Le Calvaire est la montagne des saints ! C’est de là que nous accédons au Ciel. Il ne faut pas reculer sur le Calvaire de nos vies. Jésus nous tend la main pour nous empêcher de chanceler.

 

 

Troisième station

Jésus tombe pour la première fois

Ne nous laissons pas abattre par nos chutes, mais reprenons-nous avec une nouvelle confiance et une humilité plus profonde. L’humilité, la contrition et la prière font en sorte que Dieu descende en l’homme et que l’homme s’élève en Dieu. Le découragement, le désespoir que nous éprouvons après être tombé dans le péché est une astuce du malin. Quand bien même l’âme succomberait, elle ne doit pas pour autant désespérer. Le Christ qui est notre force sera toujours prêt à venir nous relever parce qu’Il a accepté de se charger de toutes nos misères. La pensée de la grâce de Dieu qui nous soutient continuellement nous apporte un doux réconfort. Offrez vos peines à Dieu et vous en retirerez la paix. Abandonnez-Lui vos désespoirs, Il vous remplira d’espérance. 

 

Quatrième station

Jésus rencontre sa Mère

Si les hommes comprenaient le martyr de notre mère bien-aimé, ils ne lui refuseraient jamais les beaux titres de co-rédemptrice et de Reine des martyrs. Gardons toujours à l’esprit que la Sainte Vierge nous aime ; elle nous a tous enfanté dans la douleur et dans l’amour. Que Notre Dame des Douleurs nous obtienne de son Fils de nous faire pénétrer toujours plus avant dans ce mystère et de nous enivrer des souffrances de Jésus ! La plus grande preuve d’amour consiste à souffrir pour l’être aimé. Par conséquent, comme le Fils de Dieu a subi tant de souffrances par pur amour, il ne fait aucun doute que la croix qu’il a portée devient aussi aimable que l’amour. Que la Sainte Vierge nous apprenne à aimer la croix, les souffrances et les douleurs !

 

Cinquième station

Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix

Le Christ accepte que Simon de Cyrène le soulage, le réconforte. Il nous montre ainsi que notre amour a beaucoup de prix pour Dieu. Prenez-nous avec Vous, ô Jésus, sous la Croix pour Vous aidez à sauver le monde entier. Ajoutons ce que nous pouvons aux mérites et aux peines du Sauveur afin de collaborer avec Lui au salut. Comme Simon de Cyrène, le Christ veut tous nous associer à la Rédemption. Simon de Cyrène accepte de porter la Croix avec le Christ. Considérons toujours le service du prochain, la charité comme la plus grande des vertus. Sur le chemin de l’amour divin, nous ne pouvons pas dire « assez ». La plus grande charité consiste à arracher les âmes liées par Satan pour les gagner au Christ. 

 

Sixième station 

Sainte Véronique essuie le visage de Jésus

Dieu déverse au fond de nos âmes beaucoup de grâces pour la compassion des misères d’autrui. La vue d’un pauvre, d’une personne qui souffre devrait faire naître au plus profond de notre âme une très grande compassion, un très profond désir de le secourir. Il faudrait nous sentir poussé à nous dépouiller pour lui donner ce qui lui manque. Si nous savons qu’une personne est dans l’affliction, que ce soit dans son âme ou dans son corps, que ne devrions-nous pas faire auprès du Seigneur pour la voir libérée de ses maux ? Il faudrait prendre volontiers sur nous, pour qu’elle soit sauvée, toutes ses afflictions, abandonnant en sa faveur les fruits de nos souffrances, si le Seigneur nous le permettait.

 

Septième station

Jésus tombe pour la deuxième fois

L’espérance en la miséricorde inépuisable de Dieu nous soutient dans le tumulte des passions et le flot des contrariétés : c’est avec confiance que nous accourons au sacrement de pénitence où le Seigneur nous attend à tout moment comme un Père de miséricorde. Certes, nous sommes bien conscients, devant Lui, de ne pas mériter son pardon ; mais nous ne doutons pas de sa miséricorde infinie. Oublions donc nos péchés, comme Dieu l’a fait avant nous. Si le péché nous déchire le coeur, jusqu’en ses replis les plus endurcis, et y fait jaillir des larmes brûlantes de remords et d’amour, alors il devient une échelle qui nous approche, qui nous élève, qui sûrement nous conduit à Dieu.

Huitième station

Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Versons des larmes de contrition pour laver nos imperfections et nos fautes, mais sans jamais perdre confiance en la Miséricorde de Dieu, qui sera toujours plus grande que notre ingratitude. Prenons la résolution de nous en corriger, mais sans présumer de nous-mêmes, car c’est en Dieu seul que nous devons mettre notre force ; enfin, reconnaissons sincèrement que si Dieu ne veillait pas sur nous, notre imprudence nous aurait amenée à commettre toutes sortes de péchés affreux. Ne nous étonnons pas de nos faiblesses mais rougissons de nos infidélités envers Dieu et abandonnons-nous sereinement à Lui comme un petit enfant dans les bras de sa mère.

 

Neuvième station 

Jésus tombe pour la troisième fois

Dieu sait très bien la raison pour laquelle Il permet que nous chutions. Quand bien même nous ne tirerions de cette chute que la mortification de notre âme, cela serait une grande chose. Le véritable remède pour ne pas chuter, c’est de prendre appui sur la croix de Jésus. Appliquons-nous à faire mourir en nous le vieil homme qui cherche toujours à revivre, et pour mieux réussir dans ce dessin, soyons moins attaché à notre confort et à notre vaine estime ; soyons plus généreux avec Dieu et plus compatissant avec nos frères. Jésus est tombé trois fois pour nous apprendre qu’il faut avoir une pleine confiance en Lui lors des durs combats de la vie car Il les vit avec nous.

 

Dixième station

Jésus est dépouillé de ses vêtements

Aimons notre anéantissement. Embrassons nos croix et nos ténèbres de bon coeur. Cela ne veut pas dire avec allégresse mais résolument et en montrant de la constance. Marie, Reine des Martyrs, faites nous mourir à nous mêmes pour vivre et mourir avec Jésus et pour Lui. Que notre détachement de ce qui est terrestre soit un acte parfait d’amour et de douleur, un ardent soupir vers Dieu.Jésus, détachez-nous de ce qui passe et attachez-nous à ce qui ne passe pas. Sachons nous détacher des nos propres désirs. En effet, chacun aime selon son propre désir. Peu aiment selon leur devoir et le désir de notre Seigneur. Il est absolument nécessaire de nous dépouiller de nous-mêmes pour revêtir le Christ.

 

Onzième station

Jésus est cloué sur la Croix

Gardez dans votre coeur Jésus crucifié et toutes les croix vous sembleront des roses. Appliquez-vous à porter les petites et les grandes croix que vous rencontrerez sur la terre durant votre voyage vers le Ciel. Tenez-vous toujours près de la Croix, parce qu’elle n’écrase pas ; si son poids fait parfois vaciller, sa puissance soulève tout. Jésus se donne à nous sans réserve, toujours, tout entier et sans limite. Efforçons-nous de faire de même avec Lui. Nous savons bien ce qu’Il nous donne en se donnant Lui-même. Il nous donne le Paradis. C’est pour notre salut qu’Il a été crucifié. Avec émotion et reconnaissance, méditons sur l’attrait puissant du coeur de Jésus vers sa créature.

Douzième station

Jésus meurt sur la Croix

En contemplant Jésus sur la Croix , les âmes se revêtent de lumière, s’enflamment d’amour, mettent des ailes pour atteindre des cieux plus élevés. Que cette même croix soit également notre lit de repos, notre école de perfection, notre héritage bien-aimé ! 

Étreins toujours la Croix de Jésus, car elle est le réconfort de ses élus. Adorons le sang versé jusqu’à la dernière goutte pour la rédemption de l’humanité. Alors, dans cette foi, humblement, inclinons-nous devant Lui avec ce même ardent amour dont Il auréole nos âmes.

 

Treizième station

Jésus est descendu de la croix et remis à sa Mère 

Saint Pierre a le courage de dire « Vive Jésus » sur le mont Thabor mais dire « Vive Jésus » sur le mont Calvaire, cela appartient à la très sainte Vierge Marie et à saint Jean, le disciple bien-aimé et fidèle. Souvenons-nous de ce qui se passait dans le coeur de notre Mère céleste au pied de la Croix. Songeons à l’immensité de sa douleur. Même quand elle a reçu le corps sans vie de son Fils, elle n’était pas abandonnée. Au contraire, jamais Jésus ne l’a autant aimée qu’en ce moment d’indicible souffrance. Avec la très sainte Vierge Marie et saint Jean, mettons notre coeur dans le côté du Sauveur.

 

Quatorzième station

Jésus est mis au tombeau

Nous pouvons avoir l’impression que le Seigneur nous abandonne. Avant qu’Il ne nous abandonne, il faut que ce soit nous qui l’abandonnions, il faut que ce soit nous qui Lui fermions la porte. Et même dans ce cas, combien de fois arrête-t-il notre course rapide vers le précipice, combien de fois, après que nous l’ayons abandonné, nous a-t-il admis avec amour à ses délices ! 

Disons-Lui : Prenez possession de nos coeurs ici-bas, afin qu’ils soient vôtres pour l’éternité. Ne permettez pas que nous nous éloignons de votre volonté : que ni la vie ni la mort ne parviennent à nous séparer de Vous. Que notre coeur ait sa source en Vous, notre Sauveur, pour que, rassasiés de votre amour, nous devenions les apôtres infatigables de votre règne. Que nous mourions chaque jour à nous-mêmes pour ne vivre que de vous seul.